LÉON A RASÉ CÉSAR À NOËL

Exposition Planches Contact, Deauville 2022

Résidence avec Laura Serani et l'association Photo4food

«Tchouang-tseu rêve qu’il est un papillon, mais n’est-ce point le papillon qui rêve qu’il est Tchouang-tseu? » Les fleurs bleues, Raymond Queneau.  Léon a rasé César à Noël se présente comme un récit intemporel, intimiste et mystérieux de personnages en quête d’un nouvel air : comment redonner goût aux images, corps aux sons et parfaire son écoute des sens quand on a perdu le fil de sa pensée ? Intriguée par la question de la quête de sens dans un monde plein d’incertitude, j’ai parcouru le territoire normand à la recherche de lieux et de personnages pouvant incarner des sensations hors du temps. Le souffle du vent, le silence des prairies ou l’infiniment petit ressenti face aux falaises de la côte d’Albâtre sont autant de facettes de cette région qui m’ont permis l’écriture de ce récit visuel. Habituée des bords de mer, j’ai profité de cette résidence intense et immersive pour créer ma vision du littoral. Les paysages sauvages, verdoyants et leurs habitants m’ont amené à revoir les cinémas sensoriels de Andreï Tarkovsky et Terrence Malick, avant de noircir les pages d’un cahier pour y dessiner les croquis d’un film qui n’existerait pas. Le projet, impliquant de nombreuses villes - Yport, Le Havre, Varengeville, Jumièges, Honfleur, Trouville, Blangy, Duclair, Carrouges - et beaucoup de figurants offre une série de fiction personnelle et pourtant ancrée dans le territoire. Jouant sur une temporalité indéfinissable, celle-ci est aussi magnifiée par les couleurs et le grain du traité argentique.   S’articulant comme un ruban de Möbius, la série déroule une histoire non-linéaire et fragmentée, se lisant de gauche à droite et vice versa. Léon a rasé César à Noël amorce ainsi différentes narrations possibles sans jamais imposer une direction afin que le spectateur puisse s’approprier les images et en dessiner lui-même les contours.  C’est ainsi que les lignes deviennent floues et que la lecture se brouille entre images de film et film d’images, un hommage aux cinéastes ayant fait de cette région une référence du cinéma français.  Réalisé en l'argentique ( Mamiya et Hasselblad) en 120mm.  ​