Matelote
 

Matelote La femme et la mer

La mer se raconte souvent au masculin dans les livres qui ont marqué ma jeunesse. Pourtant, dans le livre Le vieil homme et la mer, c’est la condition même de l’Homme au féminin ou au masculin qui est écrite. Courage, dignité et respect sont des valeurs associées aux personnes vivant de la mer, marins, épouses et enfants.. Car si le pêcheur fait face aux éléments, toute personne qui vit des activités de la mer, l’a en respect pour sa force souveraine. Ici, c’est la figure féminine dans le milieu de la mer qui m’a intéressé car peu traité. La Matelote dont la représentation est forte dans ma région du nord, m’est apparue comme une évidence. Dans ce travail de mémoire, j’ai eu la volonté de regarder ces femmes d’antan pour ce qu’elles étaient et ce qu’elles sont encore, sans y projeter de jugement. Les Matelotes étaient des femmes coquettes et leurs tenues, des codes de société.  Elles se construisaient des vies indépendantes de toute contrainte masculine, une vie moderne et solitaire, une vie mêlée de voeux pieux aussi car l’ombre de la mort planait au dessus d’elles, la mer étant à la fois nourricière et meurtrière. Leurs maris reviendraient-ils ?

Pour leur rendre hommage, j’ai voulu réaliser cette série mettant à l’honneur les tenues  traditionnelles portées selon des occasions précises : habit d’intérieur, de travail, d’hiver ou de sortie. Le projet a été réalisé dans une maison préservée du quartier des pêcheurs de Boulogne-Sur-Mer, avec le concours de Marylène et Jean-Pierre Ramet ainsi que Mickael Margollet qui ont, respectivement, posé, prêté les lieux et préparé les tenues. Ces personnes entretiennent le folklore de l’univers marin du boulonnais chaque année lors de la fête du hareng en novembre.